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La planification est historiquement une action de l’Etat qui vise à contrôler les prix et les volumes de ce qui est produit dans un pays. C’est donc un processus mené par une autorité étatique qui fixe des objectifs à atteindre à un certain terme.

définition

La planification écologique est une version contemporaine de la planification, lié à la lutte contre le changement climatique et / ou la préservation de la biodiversité. Elle peut se décliner en deux composantes principales :

Il s’agit donc d’un processus qui à la fois :

Pour ce [[qui]] a trait à la production économique et à l’investissement, le terme de planification désigne la régulation par l’État des prix et des volumes à un horizon de moyen et long terme.

Monnet (2024), p. 3

c’est une approche très économie d’entreprise, ce qui du coup permet aussi de le mettre dans ce cadre conceptuel là

« processus appréhendé comme « l’utilisation d’informations techniques et scientifiques pour fournir des alternatives éclairant la prise de décision » (Steiner & Brooks, 1981). »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

« C’est une démarche [[qui]] permet de « gérer les transformations du [[paysage]], de manière à ce que les activités humaines soient alignées aux processus naturels » (Ndubisi, 2002). »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 3

« elle constitue avant tout un espace de discussion pour la mise en cohérence des [[politiques publiques]], de leur implémentation (Steiner & Brooks, 1981 ; Després, 1987) et joue un rôle de médiation entre les humains et leur environnement. »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 3

« La spécificité de la planification écologique, telle que décrite dans la [[littérature]], est que les données d’entrées reposent sur les paramètres biophysiques et leurs interactions. »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

C’est un processus associé à l’action et à l’intervention de l’état, bien qu’il ne s’y limite pas. En effet, d’autres acteurs peuvent avoir des actions de planification, en réponse à une planification centrale ou non.

historique

La planification apparait après le seconde guerre mondiale, dans un contexte de reconstruction nationale et de retour en force du rôle de l’Etat dans l’organisation de la vie économique. Elle débute ainsi en 1946 avec Jean Monet.

Le XXème siècle voit une forte opposition en termes de planification entre les libéraux et les planificateurs

L’opposition entre libéralisme et planification économique parcourt le XXe siècle et a vu s’affronter des modèles politiques comme des théories économiques. Sur le [[plan]] théorique, on peut mentionner, entre beaucoup d’autres, « Existe-t-il une forme collective capable de prendre des décisions économiques [[qui]] soient plus efficaces pour la société que si nous laissions les entreprises planifier chacune leur propre action? » les travaux de Oscar Lange ou Michael Kalecki sur la possibilité de planification socialiste, ceux de Friedrich Hayek et Oscar Von Mises contre l’idée de calcul rationnel pouvant fonder la planification économique, ou ceux de Janos Karnoi sur la manière dont la planification peut conduire à la pénurie et de Roger Guesnerie sur la possibilité de quotas dans une économie avec concurrence imparfaite.

Monnet (2024), p. 4

La planification territoriale prend une place importante dans l’aménagement des territoires dans les années 60-70, avec notamment la création de la DATAR.

Ses orientations suivent différentes approches, que l’on peut relier à un positionnement de la place de la nature dans la société.

Concevoir l’aménagement avec la nature plutot que contre

« Ce prisme écologique de la planification a été introduit par l’architecte paysagiste Ian McHarg, [[qui]] a mis en lumière l’importance de concevoir l’aménagement de l’espace en cohérence avec la [[nature]], plutôt que de chercher à la contrôler »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

Dans les années 1970, on cherche plutôt à optimiser l’usage des sols dans une logique de production.

« Dans les années 1970, cette compréhension des éléments biophysiques faisait plutôt [[référence]] à l’environnement dans son ensemble, et visait à optimiser l’usage des sols en fonction (par exemple, fertilité des sols et disponibilité en eau pour telle ou telle culture) »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

Dans les années 2000, la notion de services écosystémiques s’impose. Elle valorise les écosystèmes non seulement pour leur valeur intrinsèque, mais aussi pour les services marchands qu’elle remplace.

« Au cours des années 2000 et encore aujourd’hui, cette compréhension s’est affinée en faisant plutôt [[référence]] aux écosystèmes, et au besoin de les conserver à des fins de protection de la biodiversité, mais également de maintien des conditions environnementales sous-tendant les activités humaines, notamment via les services écosystémiques de régulation. Fondamentalement pluridisciplinaire (Steiner & Brooks, 1981) »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

Le contexte de changements globaux, et notamment de changement climatique et de recul de la biodiversité sont à l’origine d’un retour en force de la notion en France depuis 2010, en particulier dans son appelation spécifique de planification écologique. Cette approche organisée et centralisée marque un tournant important par rapport à la logique de marché qui prévalait notamment depuis les accords de Kyoto (1997).

caractéristiques

Fofana & Hallosserie, 2024 décrivent quatre grandes dimensions de la planification écologique.

spatiale

« Il s’agit d’un processus ancré dans un espace géographique identifié (dimension spatiale), [[qui]] s’applique à divers types de paysages, territoires qu’ils soient urbains, périurbains, ruraux ou couvrant des bassins de vie. »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

de l’intérêt de faire de la modélisation spatiale projet de recherche pourquoi

temporelle : à moyen ou long terme

« . La planification écologique s’inscrit dans une temporalité à moyen ou long terme (dimension temporelle), entre 2 et 25 ans, afin de répondre à des [[Objectifs]]. La [[littérature]] ne définit pas précisément ces durées, variables en fonction de chaque [[contexte]]. »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

sectorielle

« Enfin, elle touche à plusieurs secteurs économiques (dimension sectorielle), principalement l’agriculture, l’aménagement du territoire, mais aussi la gestion de l’eau, les industries, le tourisme et les activités récréatives, dans l’idée que les intérêts de la [[nature]] et de l’économie doivent être complémentaires. »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

sociale

« Nous pourrions également ajouter qu’une planification est un choix de société et qu’une planification efficiente prend en compte les questions sociales, sociétales et démocratiques propres à certains territoires (dimension sociale). »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 2

Quand il s’agit de planification spatiale ou territoriale, les méthodes reposent sur des approches cartographiques.

« Les données d’entrée reposent généralement sur les connaissances écologiques, issues d’inventaires et de cartographies (Steiner & Brookes, 1981). Ces données aident à mieux comprendre les [[enjeux]] écologiques d’un territoire, à évaluer les contraintes et les potentiels des sols, et à établir des critères pour l’aménagement, facilitant ainsi la prise de décision »

Fofana & Hallosserie (2024), p. 5

exemples

références

References
  1. Monnet, É. (2024). Planification écologique, concertation et prospective: Germinal, N\circ 7(2), 152–165. 10.3917/ger.007.0152
  2. Fofana, M., & Hallosserie, A. (2024). Synthèse de la revue de littérature relative à la planification écologique. IDDRI, 11.