définition¶
une démarche d’accompagnement [[qui]] utilise des techniques de modélisation pour partager des représentation d’un phénomène
Une démarche ... plus qu’un corpus ou des méthodes, c’est surtout une posture (d’où la [[notion]] de démarche / posture / approach / processus)
« une posture, une attitude par rapport à la manière d’aborder une question et un terrain donnés, prenant en compte les différents types de savoirs et de perceptions en présence, ainsi que l’usage de certains outils. » (Étienne, 2010, p. 21) (pdf)
... d’accompagnement ... [[qui]] ? [[collectivités]], [[décideurs]], citoyens [[personnes]] impliquées dans un conflit / [[problématique]] profanes == non expert, en tout cas hors de l’académique
... [[qui]] utilise des techniques de modélisation ... [[qualitative]]s [[quantitative]]s hybrides
... pour partager des représentations ... qu’est-ce qu’une représentation ? en [[quoi]] est-ce qu’elles ne sont pas partagées ?
... d’un phénomène quel phénomène ? [[Exemples]] qu’est-ce qu’un phénomène ?
Une [[approche]] collaborative pour formaliser des représentations partagées
« PM is a collaborative approach to formalize shared representations of a problem using a wide range of [[qualitative]] and quantitative modeling techniques (e.g., rich pictures, mapping and geographic information systems, causal diagraming, agent-based and system dynamic modeling, integrated assessment modeling, etc.) (Voinov et al., 2018) » (Zellner, 2024, p. 1) (pdf) PM specifically as a purposeful learning process for action that engages the implicit and explicit knowledge of stakeholders to create formalized and shared representations of reality. (Voinov et al., 2018, p. 1) #quoi
une [[approche]] dont la finalité est l’inclusion de plus de [[personnes]]
participatory modeling (PM), which Stave (2010) defined broadly as “...an approach for including a broad group of stakeholders in the process of formal decision analysis.” (Voinov et al., 2018, p. 1) #quoi
produire de la connaissance sur les systèmes sociaux et écologiques abordés (Étienne, 2010, p. 223) (pdf) faciliter la concertation entre les différentes parties prenantes du processus participatif considéré. (Étienne, 2010, p. 223) (pdf)
deux objectifs distincts et complémentaires. Pourtant, il peuvent sembler en opposition : produire de la connaissance suppose une extraction de connaissance par le processus de recherche; tandis que le processus de médiation va un peu dans l’autre sens
historique¶
Un retour en force de la participation au tournant des années 80 [[peeled]]
« Ainsi, depuis les années 80, et désormais sous l’injonction des bailleurs de fonds internationaux, les approches participatives se généralisent (Pimbert et Pretty, 1997). Elles reposent sur plusieurs [[hypothèses]]. Sur le [[plan]] normatif, il est considéré qu’encourager l’apprentissage [[social]] et individuel est bon pour la société et les citoyens en général (Ludwig, 2001 ; Latour, 1999). La seconde hypothèse, d’ordre substantif, considère qu’encourager la prise en compte de la pluralité des points de vue améliore la compréhension des [[enjeux]], l’identification et la sélection des solutions adaptées (Van den Hove, 2001). Enfin, sur le [[plan]] instrumental, encourager les collaborations faciliterait grandement l’implémentation des solutions et réduirait les conflits (Brandon et Wells, 1992). Ainsi, les approches participatives permettraient de dépasser la mise en opposition de l’intérêt général et des intérêts particuliers, et de reconnaître la [[place]] de la dimension procédurale et négociée de l’intérêt général (Trom, 1999). » (Étienne, 2010, p. 109) (pdf)
Il y a donc une double [[fonction de]] la participation. D’une part, acquérir plus d’information auprès des acteurs [[qui]] sont porteurs de ces informations, y compris si elles sortent du domaine de l’expertise. D’autre part, le processus de participation a un effet en soit sur les [[personnes]] [[qui]] y participent.
C’est dans cette dualité, et plus particulièrement la deuxième partie, que s’inscrit la [[modélisation d’accompagnement]]. Le [[modèle]] n’est plus seulement ou primairement un instrument permettant de produire des [[données]], mais surtout un processus [[qui]] a un effet sur les [[personnes]] impliquées. (voir pour ça le développement sur le [[modèle]] en général)
Un changement de [[paradigme]], avec plus de place pour les non-experts : [[transdisciplinarité]]
« While science has traditionally emphasized objectivity, rationality and expert-driven data collection and analysis for problemsolving, PM emerges as one manifestation within a larger trend towards democratizing science for [[social]] learning and collective deliberation through iterative participatory processes (Hubacek et al., 2016; Zellner et al., 2012). » (Zellner, 2024, p. 2) (pdf) « There is a growing realization, however, that diverse and non-modeling stakeholders are a critical component of this collaborative process. » (Zellner, 2024, p. 2) (pdf)
On passe d’un [[système]] pensé par des experts, dans le champs académique, à la valorisation et la construction autour de [[personnes]] en dehors de ces circuits habituels
variété des approches à distinguer
participatory modelling
[[modélisation d’accompagnement]]
Aussi appelé Companion Modelling ou participatory modeling
caractéristiques¶
un framework / workflow formalisé par le collectif [[COMMOD]]
Processus itératif autour de grandes étapes
« Each step of the iterative process is designed to support specific goals and outcomes (bottom), towards the implementation of solutions to complex landscape and environmental problems. Facilitation and Assessment activities run across the entire process to support inclusion and representation, as well as adaptation of tools, participation and learning structures, and valuation with new insights. » (Zellner, 2024, p. 3) (pdf)
image_1762245699378_0 (pdf)
(Zellner, 2024, p. 3) Schéma décrivant la [[Méthodologie]] de la modélisation participante. C’est intéressant parce qu’on voit clairement la finalité : implémenter des solutions; mais aussi les différentes niveaux de [[pourquoi]] : on veut construire des modèles collectifs, prioriser les problèmes, définir des problèmes complexes le processus de modélisation se [[fait]] en plusieurs étapes. Le premier point [[qui]] est intéressant c’est la finalité, [[qui]] est clairement définie: implémenter des solutions. A la différences d’autres modèles [[qui]] peuvent chercher seulement à représenter des phénomènes, les modèles issus de la [[modélisation d’accompagnement]] visent à avoir un effet transformateur sur le phénomène, notamment à travers la recherche de solutions. Un deuxième point [[qui]] est important c’est celui de la décomposition en étape. La participation est valorisée à chaque étape, y compris pendant la [[conceptualisation]] du [[modèle]] (définition du problème, priorisation des concerns, construction du [[modèle]] et des [[scénarios]], simulations). Enfin, l’itération est centrale. Chaque phase éclaire les autres, et à travers des itérations successives de toutes les phases, on affine progressivement le modèle (au sens large, y compris la définition du problème ou des priorités).
un nouveau rôle pour les modélisateur.ices : celui de l’accompagnement Etienne et Al. 2010 définissent trois rôles distincts dans la construction du [[modèle]] le thématicien est le plus proche de la réalité
« Le thématicien définit le [[modèle]] du domaine en utilisant la sémantique qu’il associe au [[système]] de [[référence]]. » (“La modélisation d’accompagnement. Une démarche participative en appui au développement durable”, 2010, p. 73) (pdf)
le modélisateur formalise cette thématique et ces termes
« le modélisateur adapte le [[modèle]] du domaine en un [[modèle]] plus formel dit [[modèle]] de conception (ou [[modèle]] conceptuel) [[qui]] a pour but de clarifier les concepts utilisés, » (“La modélisation d’accompagnement. Une démarche participative en appui au développement durable”, 2010, p. 73) (pdf)
l’informaticien produit le [[modèle]] de [[simulation]]
« Finalement, le [[modèle]] conceptuel pourra être transcrit par l’informaticien en un [[modèle]] opérationnel ou [[modèle]] de [[simulation]]. » (“La modélisation d’accompagnement. Une démarche participative en appui au développement durable”, 2010, p. 74) (pdf)
approcher la production scientifique de savoir non scientifiques
La remise en question de savoirs descendants
« Ces changements sont profonds car, d’une part, ils remettent en cause les approches descendantes classiques dans la formulation et la mise en œuvre des [[Projets]] et, d’autre part, ils reconnaissent la capacité des acteurs locaux à gérer euxmêmes leurs ressources et à orienter leur développement. » (Étienne, 2010, p. 109) (pdf)
on n’a plus le [[modèle]] [[qui]] est produit d’une part, par les chercheurs, en dehors du monde, puis appliqué
Construire une compréhension / représentation partagée
« 2.2. Prioritizing concerns: Making [[social]] complexity visible » (Zellner, 2024, p. 3) (pdf)
La modélisation participative permet de mettre sur la table des systèmes de valeur parfois distincts, pour les expliciter et les mettre en discussion. En cela, elle permet de dépasser des [[difficultés]] antérieures, comme la monétarisation.
Ce [[Point]] est particulièrement intéressant, parce qu’il pourrait permettre de mieux prendre en compte l’ [[informalité]] et la [[normativité]] => [[projet de recherche]]
soit la production de connaissances (à destination des chercheurs et des acteurs locaux) dans le cadre d’une meilleure compréhension d’un système d’interactions,
soit l’appui à une négociation dans le cadre d’un processus [[qui]] vise explicitement une transformation des pratiques d’interactions avec la ressource ou une transformation des formes d’interactions socioéconomiques. » (“La modélisation d’accompagnement. Une démarche participative en appui au développement durable”, 2010, p. 12) (pdf)
une variété de techniques et de méthodes
Niveau d’autonomie image_1761754738890_0 (pdf)
(Étienne, 2010, p. 75)
quantitatifs et qualitatifs
des limites indépassables
attention aux jeux de pouvoir au sein des acteurs !!!
« L’une des critiques les plus couramment adressées aux démarches participatives est le manque de prise en compte de la complexité de ces jeux d’acteurs au sein desquels elles sont mises en œuvre (Cooke et al., 2001 ; d’Aquino, 2007 ; Eversol, 2003 ; Lavigne Delville et al., 2000) (chapitre 4). » (Étienne, 2010, p. 125) (pdf)
récupérer le pouvoir décisionnel chez des humains, et le retirer du [[modèle]]
imaginer que le [[modèle]] puisse être [[objectif]] et vraie revient à déléguer trop de pouvoir décisionnel au [[modèle]]
« A focus on objectivity and truth, in contrast, may negatively impact the perceived scope of action and effectively delegate decision-making power to the model. » (Bock et Pfenninger-Lee, 2025, p. 12) (pdf)
en pensant que le [[modèle]] est neutre, [[qui]] peut prendre une [[décision optimale]] , on le laisse prendre les décisions. On se prive dès lors d’un exercice de prise de décision [[qui]] est important vu la centralité des [[enjeux]]
favoriser l’apprentissage en double loop, c’est à dire la réflexivité sur les [[Caractéristiques]] du [[système]] de pensé
Argyris and Schön (2002) showed that there are two levels of learning, referred to as “single loop” and “double loop” learning. In single loop learning, individuals and groups act within a single reference frame, where specific hypotheses, values, norms, beliefs and objectives are assumed to describe the world. Learning in these systems consists of observing the results of actions and, potentially, modifying future actions based on what is observed. In double loop learning, actors question and learn about the reference frame itself, and may change their fundamental hypotheses, values, norms, and beliefs based on what they learn about the system, as well as what they learn about the outcomes of specific actions (Zellner and Campbell, 2015). (Voinov et al., 2018, p. 2) #statement
Il y a deux niveau d’apprentissage. Dans le plus simple, appelé single loop, on apprend et agit sur les objets dans un cadre de pensée, sans le question. C’est un peu comme un jeu dont les règles sont fixées à l’avance, et que les joueurs ne peuvent pas modifier. Dans le niveau double loop, les joueurs peuvent agir dans le jeu, au sein des règles, mais aussi sur les règles elles-mêmes.
As a result, the act of model co-creation is, in itself, an act of knowledge construction at both the single and double loop learning levels (Voinov et al., 2018, p. 2) (pdf) #statement
la géoprospective, un modalité particulière de modélisation d’accompagnement
La spécificité de la modélisation d’accompagnement par rapport aux autres travaux de géoprospective peut se résumer en trois points : rendre visible des points de vue hétérogènes et les mettre en débat ; interroger la cohérence de ces points de vue et les conséquences de leur simulation conjointe par rapport au monde réel tel que vécu par les participants ; proposer un support hybride pour explorer de manière collective des scénarios par des simulations sur un monde virtuel. (Étienne, 2012, p. 135) (pdf)
exemples¶
références¶
Pour une vue d’ensemble et de nombreuses [[Références]]
« Participatory modeling for collaborative landscape and environmental planning: From potential to realization » (Zellner, 2024, p. 1) (pdf)