Abstract¶
Les modèles de prospective, notamment ceux qui informent les rapports du GIEC, sont issus de la prospective énergétique. Ils sont orientés vers l’évaluation de politiques de mix énergétiques, et répondent à des questions de transition énergétique. Cependant, ils peinent à prendre en compte des données qui ne sont pas quantifiées, et sont souvent très abstraits spatialement. Ces deux caractéristiques rendent difficile l’évaluation de politiques d’adapation, et posent la question de leur transformation pour répondre à des questions contemporaines. Nous développons ici l’idée que de nouveaux modèles de prospective sont requis pour permettre de répondre à des questions d’adaptation et de justice climatique.
Key Points¶
la plannification de l’adaptation au changement climatique nécessite de la prospective, et donc des modèles appropriés
la gouvernance climatique a cadré et a été cadré par les modèles de prospective énergétique, qui orientent vers des stratégies de mitigation et des instruments quantitatifs (taxes carbones, quotas, etc)
prendre en compte ces dimensions requière de nouvelles techniques de modélisation, et notamment une plus grande prise en compte de la spatialité et de données qualitatives
Trame du raisonnement :
La gouvernance climatique change de phase (I.1). Orientée initialement vers la mitigation, elle doit aujourd’hui répondre à des questions d’adaptation (I.2). Pour rester pertinents, les modèles de prospective doivent permettre de répondre à ces nouvelles questions(I.3). Or, celles-ci posent des contraintes techniques difficiles : prise en compte de données qualitatives et spatiales (II). De nouvelles techniques et approches permettraient cependant de répondre à ces contraintes (III).
mots-clés permettant de distinguer la biblio : spatial, socio-ecosystème, coût social du carbone, monétarisation
Proposition de plan :
Coévolution de la recherche scientifique et de la gouvernance climatique¶
=> il y a une double évolution de la gouvernance et de la recherche, qui s’alimentent mutuellement
la gouvernance climatique (comme définie par Aykut) a évolué depuis 40 ans : logique monétaire / quantitative / globale / marché (taxes carbones, etc), à une logique local / qualitatif / adaptation
La production scientifique a évolué aussi : elle est passée d’une logique de compréhension / mitigation (donc un évitement du phénomène) à une logique de (p)réparation / adaptation (donc une acceptation du problème)
cette coévolution illustre et questionne les liens entre science et politique
une influence sur la recherche par le système international (GIEC, etc) (Cointe, aykut)
les effets du cadrage de la recherche sur la politique climatique (Fressoz, notion de cadrage)
Les contraintes structurelles des modèles numériques d’optimisation¶
=> les limites historiques des simulations numériques type DICE, World3, etc.
le monétaire et la commensurabilité : la nécessité d’avoir une unité de compte dans un modèle d’optimisation
une simulation numérique / un modèle d’optimisation nécessite une unité de compte commune pour pouvoir comparer des choses différentes
cette généralisation réduit la précision de la compréhension, notamment sur des phénomènes qui ne sont pas directement monétaires
reproduction nécessaire des inégalités déjà existante : donc un outil pas adaptaté pour des questions de justice climatique
un manque de finesse spatiale
les modèles intégrés (pas les modèles de climat) sont historiquement peu spatially-aware (notamment ceux dans la tradition de DICE)
ça limite la prise en compte de réalités locales / de spécificités territoriales (pré-introduction au chapitre aménagement)
pourtant, la spatialité est prise en compte dans certaines approches (données spatiales quantitatives, liens avec les GCM, géoprospective)
et en même temps, la question de l’abstraction : à quoi bon avoir des modèles trop précis (mythe de l’empereur et du cartographe)
la question de la justice et des normes
une recherche de la neutralité, inscrite dans la pensée scientifique classique
pourtant, l’impossibilité d’être neutre quand on fait de la modélisation
effets de cette non-neutralité et marge de manoeuvre
Outils possibles et nécessaire pour la formation de la connaissance scientifique de demain¶
/////////////////////////// Remarques
J’aime bien l’idée de changement d’objet, de questionnement scientifique et de cadre politique (en fait plutot objet, échelle et régime de preuve) :
objet :
climat comme objet purement physique, un peu partout, gazeux (littéralement) => adaptation, espace, territoire : objets beaucoup plus concrets, matériels (morphologie urbaine), politiques
instruments financiers à aménagement de l’espace
échelle : échelle globale (et abstraite):
échelle de la perception : globale et abstraite à échelle locale et perceptible
une idée intéressante là : la perception du changement climatique : avant il n’y avait pas de perception, c’était quelque chose d’imperceptible, alors que maintenant c’est quelque chose de très sensible (chaleur, catastrophes, odeur des sargasses)
échelle du cadrage du problème
un prblème global à des solutions localisées
un problème collectif à un problème spécifiques à certaines personnes, injuste
régime de preuve:
preuve numériques, quantitative