Abstract
Objet de la page
Décrire en 2–3 phrases ce que traite la page, son périmètre exact et sa place dans l’ensemble du travail. Cette page présente une première version du cadrage du socio-écosystème. Elle explicite les éléments de choix de ce qui est inclu ou exclu dans la modélisation.Objectif(s)
Identifier les éléments à prendre en compte dans la démarche de modélisation
Raffiner les questions de recherche et les méthodes au regard d’éléments concrets
Identifier des acteurs / éléments à obsever sur le terrain
Question(s) / Problème(s) traité(s)
Quel est le système étudié ?
Hypothèse(s) / Angle d’analyse
On applique le cadre conceptuel PARDI au contexte des impacts des cyclones tropicaux en MartiniqueContribution attendue
Clarification du socio-écosystème étudié
Base pour utiliser une méthodologie ComMod
Statut
en coursMots-clés
ComMod,Socio-écosystème,méthodologie,conceptualisation
On cherche ici à faire une première représentation du socio-écosystème que l’on va modéliser à l’aide de l’approche ComMod. Il est à noter que cette approche est généralement réalisée avec des acteurs; l’objectif de la réflexion ici n’est donc pas d’arriver à une version définitive du socio-écosystème, mais plutôt d’élaguer les concepts pour mieux identifier des acteurs potentiels qui permettront en retour de concevoir le SES à travers un processus COMMOD.
Composants du système¶
On utilise le cadre conceptuel proposé par pellegrinMecaniquesJeuPour, qui décompose les socio-écosystèmes en quatre composants principaux : les acteurs humains, les ressources, les institutions et les processus écologiques.
Par ailleurs, on suit les recommandations de Etienne et al., 2016, qui donnent des conseils pratiques pour conceptualiser un SES avec la méthode PARDI. Cette méthode, pour Problèmes, Acteurs, Ressources, Dynamiques et Interactions, permet de détailler les éléments du socio-écosystème à travers une grille standardisée.
Les réflexions qui suivent s’inscrivent dans cette démarche.
Problème¶
Le problème abordé ici est celui des choix d’aménagement du territoire martiniquais en vue de son adaptation au risque cyclonique dans un contexte de changement climatique.
On s’intéresse en particulier à imaginer les scénarios possibles et à évaluer leurs conséquences sur les impacts de futurs cyclones tropicaux.
Cette démarche correspond à des lacunes identifiées dans la littérature. D’une part, la nécessité de faire de la prospective pour l’adaptation au changement climatique. D’autre part, de compléter la littérature grise sur les effets du changement climatique au contexte et aux enjeux de territoires ultra-marins. Enfin, de mieux modéliser le risque cyclonique dans sa globalité, en comprenant ses interactions avec les sociétés.
Les modèles qui évaluent les impacts des cyclones tropicaux actuellement ne prennent pas l’adaptation en compte. On peut par exemple citer Mendelsohn et al., 2012
« Adaptation policy is also not explicitly modelled. To some extent adaptation is captured in the sensitivity of damage to income and population. However, some countries have active adaptation policies and programmes that may reduce damage even more. »
Dans cet exemple, l’adaptation n’est pas explicitement prise en compte. Elle est approximée par des valeurs numériques d’autres grandeurs. Par ailleurs, nous défendons ici que, comme processus de décision et de concertation plus que comme conséquence des conditions d’un système, l’adaptation ne peut pas être modélisée comme une fonction de variables quantitatives. Elle nécessité, pour être représentée, des techniques différentes. C’est ce point qui nous pousse vers la modélisation d’accompagnement.
La nécessité d’évaluer spécifiquement les effets du changement climatique sur les territoires ultra-marins est soulignée depuis longtemps par des rapports nationaux, notamment ceux de l’Observatoire National des Effets du Réchauffement Climatique (ONERC). En effet, déjà en 2012, celui-ci poussait en faveur de deux actions de recherche.
D’une part, la nécessité d’ “ancrer l’analyse des imapcts du changement climatique dans les dynamiques territoiriales des outre-mer” pour évaluer les solutions “aux problèmes actuels et futurs” ONERC, 2012
D’autre part, la nécessité de l’évaluation économique de l’action publique, et notamment de la prise en compte des pertes liées à l’absence d’investissement.
L’argument économique reste souvent un puissant levier politique et de mobilisation des acteurs privés. Il y a donc un réel intérêt à développer des évaluations des pertes et des coûts associés à la gestion et à l’anticipation des impacts des aléas (analyses coûts/bénéfices, coûts supplémentaires, systèmes assurantiels, innovations technologiques, etc.). Un effort particulier doit être fait dans les territoires ultramarins, souvent laissés en marge. ONERC, 2012
Ainsi, la question de l’adaptation des territoires au changement climatique est centrale. Celle ci nécessite une approche ancrée dans les territoires et permettant de comparer différents scénarios, avec différentes modalités d’action.
Acteurs¶
Pour représenter les choix d’aménagement du territoire et / ou d’usage des sols, on peut s’intéresser à deux types d’acteurs. D’une part, les acteurs décisionnels, et d’autre part, les acteurs impliqués.
Les acteurs décisionnels représentent les acteurs participant à la prise de décision : on peut citer notamment la collectivité territoriale, les communes, la préfecture.
Les acteurs impliqués peuvent être les habitants, qui sont eux-mêmes distingués selon leurs caractéristiques.
On retient généralement 6 types d’acteurs dans un processus ComMod, dont 4 font partie du socio-écosystème Étienne, 2010 :
les profanes, qui ont une connaissance empirique sur le système;
les chercheurs, qui ont une “connaissance académique, organisée et validée”,
les techniciens, qui ont une “connaissance formalisée mais essentiellement fondée sur la connaissance et la typologie d’un grand nombre de situation”
la catégorie institutionnel, qui porte une connaissance politique et économique du système
Les ressources¶
On ne considère pas de ressource à proprement parler, comme c’est le cas habituellement dans les processus ComMod (bois, poisson, etc). Trois ressources principales sont identifiées à ce stade.
D’abord, l’espace. La démarche consiste à mettre en évidence les arbitrages sur l’aménagement du territoire, et donc sur l’usage des sols. Cette question résulte du fait que l’espace est limité, et qu’un usage est concurrent d’un autre usage. Par ailleurs, l’utilisation d’un espace quelque part peut avoir des effets sur un autre espace, même si ceux-ci ne sont pas en concurrence directe.
Ce constat nous amène à deux autres ressources, en ce sens qu’elles ne sont pas illimitées et que leur distribution est rivale : la capacité de transformation et l’impact.
La capacité de transformation désigne la vitesse à laquelle un territoire peut se transformer. Concrétement, c’est le temps pour changer d’usage des sols sur un espace donné. Dans une certaine mesure, elle peut être assimilé à du temps et / ou à de l’argent, ou en tout cas de la capacité d’investissement (notamment dans les cas où l’adaptation est réalisée par des investissements publics limités).
L’impact désigne les effets négatifs des cyclones tropicaux. Ceux-ci sont à déterminer. Des exemples peuvent inclure des destructions matérielles (nombre de batiments inutilisables, surface détruite), des dommages humains (décès, blessés, impacts autres tels que impact psychologique, réduction de l’accès aux soins, à l’éducation), des dommages écosystémiques (dégradation de la mangrove, de barrières de corail, de forêts; pollution d’écosystèmes par la dégradation d’infrastructure anthropiques).
Dynamiques¶
Interactions¶
Les institutions¶
Cette section reprend sûrement les éléments décrit plus haut comme acteurs décisionnels.
Les processus écologiques¶
Les processus écologiques ne le sont pas vraiment, dans le sens où l’élément non humain / social introduit dans le modèle n’est pas un écosystème mais un phénomène physique (le passage d’un cyclone tropical).
Références¶
- Etienne, M., Le Page, C., & Trébuil, G. (2016). A Step by Step Guidelines to the Construction of a Conceptual Model with the PARDI* Method.
- Mendelsohn, R., Emanuel, K., Chonabayashi, S., & Bakkensen, L. (2012). The Impact of Climate Change on Global Tropical Cyclone Damage. Nature Climate Change, 2(3), 205–209. 10.1038/NCLIMATE1357
- ONERC. (2012). Les outre-mer face au défi du changement climatique: rapport au Premier ministre et au Parlement (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, France, & France, Eds.). la Documentation française.
- Étienne, M. (2010). La modélisation d’accompagnement. Une démarche participative en appui au développement durable. éditions Quae. 10.35690/978-2-7592-0621-6